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 Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !

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didier14



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Date d'inscription : 27/04/2013

MessageSujet: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Sam 8 Juin - 17:40

C’est bien parce que je ne trouvais pas suffisamment d’articles ou commentaires satisfaisants sur les vitrectomies que j’ai décidé de publier mon témoignage ….En réalité, une grande partie des articles que j’ai pu lire jusqu’ici étaient très pessimistes et anxiogènes, puisque leurs auteurs racontaient leurs déboires et péripéties avec ce type d’intervention, lourde je le conçois.
J’ai été opéré le 29 Avril 2013.
Agé de 54 ans et déjà opéré de la cataracte pour les deux yeux (suite sans doute à un vieillissement accéléré du cristallin à cause d’une mauvaise chute de vélo à l’âge de 14 ans…), j’ai comme beaucoup de personnes en France, connu les corps flottants dont il est question sur ce site. Sur mon œil droit ces corps flottants sont apparus plus fréquemment à la suite d’un traitement laser pour la cataracte secondaire 2 ans après l’opération de la cataracte, somme tout quelque chose d’assez fréquent parait-il. Ces corps flottants ont eu tendance à se faire oublier cet hiver et sont réapparus de manière plus gênante en Mars dernier. Je savais que j’avais déjà un petit décollement du vitré car mon œil avait été contrôlé en Août 2013 et tout allait bien au niveau de la rétine à ce moment-là.
Tout ce que je peux dire, est que j’ai remarqué en Mars que j’étais anormalement fatigué, et j’ai vite mis cela sur le compte de mon activité professionnelle, stressante par mon implication constante à bien faire les choses et réussir dans mes responsabilités, comme beaucoup de gens finalement !
Le 8 Avril j’ai remarqué une forte augmentation de mes corps flottants sur mon œil droit : ils me gênaient pour travailler sur écran, j’étais obligé régulièrement de les « chasser » sur le côté par un mouvement oculaire rapide, mais ceux-ci avaient la manie de venir se remettre tout doucement au centre de mon champ visuel. Je me disais qu’ils allaient disparaître comme ils étaient réapparus, j’ai pensé qu’avec l’arrivée des beaux jours, le passage à l’heure d’été aidant, je les remarquais plus que d’habitude.
Le 14 Avril, je devais prendre la route pour un trajet de 900 km vers le Sud de la France, en partant de bonne heure le matin. Depuis deux jours j’avais remarqué une petite gêne en haut à gauche de ma vision sur mon œil droit…, un peu comme si ma vision s’était rétrécie sur ce coin-là. Cela m’angoissait un peu, puis je me raisonnais en me disant que je me faisais des illusions. Pourtant, je testais ma vue en comparant ce que je voyais avec l’œil gauche, et ce que je voyais avec l’œil droit : je trouvais que je voyais un peu moins en haut à gauche avec mon œil droit…., comme si une mini-goutte d’eau coincée là-haut m’empêchait de voir tout en entier dans cette zone. Je me persuade que j’ai un décollement de la rétine (j’ai surfé sur le Net pour trouver les symptômes), car au coucher et dans le noir, j’ai perçu à plusieurs reprises une sorte d’étoile filante bleue qui a traversé mon champ de vision droit, puis comme quelques lucioles dans la nuit. Tout cela est assez anxiogène.
Je décidais donc, de très bonne heure, de me rendre à la clinique St-Martin de Caen, avant d’effectuer mon long trajet en voiture. Me présentant sur place à la réception des ophtalmologistes à 8h20, j’expliquais mon cas en demandant si je pouvais avoir un fond d’œil, pour être rassuré. La secrétaire, visiblement un croisement entre un pitbull et une paysanne du Limousin du XIVè siècle, me répondit avec l’intonation que je vous laisse deviner : « non c’est complet, ils sont au bloc, pour cela il faut aller aux urgences ophtalmiques du C.H.U. ». Ceux d’entre vous qui savent ce qu’est un fond d’œil savent que cet examen dure environ 3 minutes, ce qui vous donne une petite idée de la façon dont sont traités les patients chez les ophtalmologistes de cette clinique. Beau métier que celui où l’on n’a pas besoin de clients et où il n’y a pas la crise ! Avec le vieillissement de la population (et donc des cristallins et yeux qui vont avec) et le manque de futurs médecins, un boulevard d’honoraires et de dépassements ad-hoc s’ouvre à eux ! Me voici donc aux urgences du C.H.U, dès 8h35. Dès que l’on prononce le mot « urgences », et que l’on a suivi l’actualité, on commence à se dire qu’on en a pour la matinée pour être fixé sur son problème…. Surprise ! un guichet spécial « urgences ophtalmiques » m’attendait. Et sans queue à faire qui plus est. Une fois déclinée mon identité et présentée ma carte vitale, je suis rapidement pris en charge par un médecin chargé de faire le tri. En décrivant mes symptômes on m’explique qu’une petite perte de champ de vision n’est pas nécessairement causée par un œil, mais peut aussi masquer un début d’AVC, un problème neurologique, etc… En moi-même je me dis que « je ne suis pas sorti de l’auberge », surtout que l’on commence à me mettre un bracelet plastique au poignet avec nom, prénom, âge etc…. et que l’on me prend ma tension…. Je prédis 13-8 au médecin, vu que ces chiffres n’ont pas bougé depuis 20 ans. Le résultat de 13-8 ne me surprend pas. Arrive ensuite un deuxième médecin, qui me pose les mêmes questions puis tente de m’obtenir un rendez-vous à l’étage des ophtalmologistes… les choses semblent se décanter, enfin. Je suis donc envoyé au 13è étage, mais comme ces messieurs ont peur que je me perde on me dit de patienter là car quelqu’un va m’y emmener. Accueilli au secteur ophtalmologie, je patiente donc dans une petite salle d’attente vide. Une jeune et jolie médecin se présente à moi, me fait entre dans son cabinet et me pose quelques questions, ce qui me permet de répéter pour la 4è fois ce qui m’amène ici. Enfin, elle me dit qu’elle va examiner cela et sort un collyre chargé de dilater ma pupille droite… Il est 10h30, et je suis satisfait d’avoir ce fond d’œil si « tôt »…. Je patiente donc dans la salle d’attente les vingt minutes nécessaires pour que la dilatation soit parfaite et que l’examen puisse avoir lieu. J’ai hâte de connaître le diagnostic…..
La jeune et jolie ophtalmologiste (ou interne en ophtalmologie) commence son examen. L’examen est consciencieux, notre jeune médecin s’y prend à plusieurs reprise pour ne rien rater de ce qu’elle observe, me fait manœuvrer l’œil plusieurs fois en haut, en bas, à droite, à gauche, en bas à droite, etc…. Elle m’explique que tout est normal, qu’elle ne voit rien sur la rétine de particulier, que certes il y a des corps flottants mais que hélas on n’y peut pas grand-chose…., me faisant juste remarquer qu’en haut à un endroit elle ne voit pas bien car il y a « un petit nuage devant » qui la gêne mais que tout est normal et que je peux donc reprendre mes activités, en l’occurrence ma route vers mes rendez-vous professionnels dans le Sud de la France. Mon soulagement est réel, je repars aussi vite que j’étais arrivé et m’installe au volant de ma voiture, direction autoroute et les 850 kilomètres qui n’attendent que moi…. Il fait beau, je chausse les lunettes de soleil…, j’aperçois toujours cette petite goutte en haut à gauche mais je sais maintenant que c’est normal et inoffensif, après tout je vieillis et il y a des choses après 50 ans qui ne sont plus aussi performantes qu’à l’âge de 20 ans non ? à commencer par nos neurones..
Mon séjour dans le Sud se passe parfaitement bien, et j’oublie donc mes soucis avec cet œil. Je remarque que je suis toujours aussi fatigué, mais n’est-ce pas normal après tout cette route ? Ce ne l’est pas pourtant, car avec les années je n’en suis pas à mon premier déplacement professionnel, en voiture, train, avion, bateau….et ceux qui me connaissent ou qui ont déjà voyagé avec moi disent que j’ai une résistance physique surprenante lors de mes voyages (je pars beaucoup à l’étranger). Sans doute ne savent-ils pas qu’à mon retour, je fais au minimum deux nuits de 12 heures pour me remettre dans le bain !
Je rentre chez moi après six jours dans le Sud…, et au calme de la maison mes corps flottants et petits symptômes réapparaissent… J’ai de plus en plus un doute sur ce que m’a dit cette jeune ophtalmologiste, et pourtant n’ai-je pas été au meilleur endroit ? c’est le C.H.U tout de même ! Au risque d’être ridicule, je décide d’écouter mon corps et prends rendez-vous chez mon chirurgien ophtalmologiste à paris, qui m’a opéré de mes deux yeux pour la cataracte. J’explique mes symptômes à la secrétaire et j’obtiens donc un rendez-vous pour le 24 Avril. L’accueil change de celui de la clinique caennaise ! , mais il est vrai qu’à Paris je suis déjà « client »…. . De nouveau petits symptômes apparaissent…j’aperçois de temps à autre une bulle dans mon œil…, je dois dire que j’étais assez effrayé la première fois car j’étais en réunion et parlais tranquillement à un collaborateur quand cette sorte de méduse flasque est passée dans mon champ de vision pour aller se réfugier en haut de mon œil. Je me félicite alors d’avoir pris un nouveau rendez-vous, et me persuade que non, j’ai un problème et que le jeune interne ne l’a pas décelé.
Cinq jours après, le docteur A. me reçoit à 10h30 et me fait un fond d’œil. En une minute il m’explique qu’il voit un début de décollement périphérique de la rétine. C’est ce que je redoutais…. Il me dit très doucement qu’il va m’envoyer chez un confrère, « le meilleur de Paris », qui ne fait que cela et est spécialisé dans la rétine, afin que celui-ci confirme ou infirme son diagnostic. Puis mec demande mon programme de la journée. Je réponds que j’ai d’autres rendez-vous mais que je peux les annuler sur simple coup de fil. « Oui, c’est mieux, me répond-il, car c’est une semi-urgence, ce qui veut dire que si mon diagnostic est confirmé il va falloir intervenir dans les prochains jours… Vous verrez (j’aime toutes ces expressions de la langue française où la vision est toujours au centre des mots, et quand elles sont prononcées par un ophtalmo je ne peux pas m’empêcher de sourire), il est très gentil, calme et très professionnel. J’ai envie de répondre que je peux donc y aller les yeux fermés mais là ce serait trop avec ces expressions ! à moins que je ne lui fasse une confiance aveugle ! Le docteur A., enfin, tient à me féliciter d’avoir réagi si vite pour consulter, car j’ai 10/10èmes sur mon œil droit qui pose problème, et donc que de ce fait je vais garder mes 10/10èmes après l’opération. Il me complimente de ne pas avoir attendu, car beaucoup de patients consultent quand c’est déjà un peu tard, et les dixièmes perdus se récupèrent rarement, précise-t-il…. Sans doute dans le vif de l’émotion, je n’ose pas lui raconter mes consultations à Caen, sachant par expérience que les médecins apprécient rarement que l’on critique leurs confrères, même à juste titre…. Il rédige une lettre à l’intention du Docteur O., le chirurgien chez qui il m’envoie à 13h30 après avoir pris le soin d’appeler lui-même sa secrétaire afin qu’elle me cale un rendez-vous « en urgence ».
Me voici parti dans un autre quartier de Paris, j’ai le temps de prendre un déjeuner-sandwich et de réfléchir tout en me félicitant de n’avoir écouté que moi et consulté une deuxième fois. Quelques nom d’oiseaux me viennent à l’esprit en pensant aux ophtalmos de Caen, ceux qui ont refusé de me recevoir et celle qui m’a dit que tout était normal 10 jours auparavant.
Le docteur O., OphtalmO va me recevoir. Je suis d’abord examiné par un collègue qui me fait faire des échographies très poussées des yeux, un examen totalement indolore où les yeux sont mesurés dans tous les sens avec une machine qui ressemble à un périscope dans lequel on vient appuyer son menton. Puis le chirurgien me reçoit, réexamine mon fond d’œil et me confirme le diagnostic. Il faut donc opérer… et me propose le lundi suivant, soit dans 5 jours. Etant provincial, il me demande donc de me présenter à la clinique om il intervient la veille au soir, un dimanche. Je lui demande en quoi cela consiste et il m’indique qu’il va faire une vitrectomie pour régler tout le problème, recoller la rétine et me débarrasser à tout jamais de mes corps flottants. Il me confirme que je retrouverai ma bonne vue, après un à trois mois. Il m’explique, avec peu de détails afin à mon avis de ne pas m’effrayer, qu’il va vider l’œil de son contenu, aspirer tout le vitré déchiré, recoller la rétine, boucher les éventuels trous, et remplacer mon humeur vitrée par du gaz….. A ma grande surprise je ne suis pas effrayé et pourtant c’était le moment de « tourner de l’œil » non ? Il semble très sûr de lui, il est spécialisé dans la rétine comme d’autres sont pilotes d’Airbus A 380. Le chirurgien m’indique alors qu’il me faut me rendre tout de suite à la clinique en consultation d’anesthésie.
L’accueil par l’anesthésiste « de service » à la clinique fut très chaleureux. Il m’explique que l’anesthésie va mélanger anesthésie générale de 5 minutes au début avec anesthésie loco-régionale et neuroleptanalgésie combinées. Il me fait comprendre que l’anesthésie générale permet de faire des piqûres autour de l’œil sans que cela ne soit ni impressionnant ni inconfortable. Ne connaissant que peu ce type d’anesthésie, je dois dire que j’approuve néanmoins l’idée compte tenu des soins qu’il me décrit… mieux vaut dormir et ne pas voir ça ! Je demande à ne pas être intubé, car ma secrétaire a été récemment intubée, dans une clinique normande près de chez moi, lors d’une extraction des 4 dents de sagesse, et elle a saigné et souffert de la gorge pendant 3 jours ensuite…. Il sourit et me fait comprendre qu’ici on n’est pas chez des sauvages, mais que de toute façon rien de cela n’est prévu. Puis il me parle douleur en me rassurant sur le fait que compte tenu de ce qu’il lit, mes douleurs devraient être légères et facilement traitées au paracétamol et durer une semaine grand maximum. Puis il me précise que je ne pourrai pas conduire pendant trois semaines, je note que l’ophtalmo avait sans doute oublié de me dire…., mais je m’en doutais un peu !
Je repars donc vers mon domicile et décide de rester au repos pour les jours suivants qui vont précéder l’opération, afin de garder mon capital de 10/10è sur mon œil et ne pas risquer d’aggraver le décollement. Je me surprends à être serein, à ne pas trop angoisser. La sagesse a fait que je n’ai pas été tenté d’aller sur Internet lire des témoignages sur la vitrectomie, puisqu’à chaque fois on en ressort avec le moral à zéro après avoir lu toutes les horreurs qui ont pu arriver aux malades qui s’y expriment… Il est vrai qu’en France on parle des trains qui arrivent en retard et jamais de ceux qui sont à l’heure. Je lis néanmoins rapidement ce que je voulais lire : le taux de réussite est de 90% en une opération, 95% s’il faut une deuxième intervention. Soyons confiants donc… et patientons jusqu’à l’intervention….
Le dimanche est un jour particulier pour entrer en clinique. L’après-midi du dimanche est calme car beaucoup de patients ne restent pas le week-end.
A 18 heures, mon dîner est servi. Je suis agréablement surpris par la qualité des plats, et il se trouve que bizarrement j’ai faim. Je me dis que je dois tout bien manger car mon prochain repas ne sera pas pour tout de suite, l’infirmière qui vient de passer m’ayant précisé que je ne dois plus boire après minuit. Puis une autre infirmière vient me prier de prendre une douche complète (cheveux inclus) à la bétadine avant de dormir. Je m’obtempère vers 22h30…. Un shampoing à la bétadine est une expérience intéressante, on a l’impression ensuite qu’on a récuré ses cheveux à la paille de fer… Se nettoyer les orteils attentivement alors qu’on va être opéré des yeux me laisse songeur…. N’y pensons plus et laissons faire la médecine !
Je suis réveillé à 6 heures le jour de l’intervention. Comme il n’y a pas de petit-déjeuner, je regarde la télévision. Une infirmière passe et me donne ses consignes : prendre une douche complète à la bétadine vers 8h30, puis enfiler la tenue de combat, la fameuse tenue décriée parce qu’elle vous laisse les fesses à l’air. J’arrive au bloc vers 10h45 et suis accueilli par l’anesthésiste. Je suis installé sur le lit d’opération et ai le sentiment d’être parqué dans une alcôve au fond d’un couloir. Je fais remarquer qu’il fait très froid, comme dans chaque bloc opératoire, et l’anesthésiste me dit de ne pas m’inquiéter car immédiatement une infirmière m’enveloppe le corps dans une couverture de survie métallisée dorée puis y ajoute une couverture. On sent vite la différence ! Perfusé comme il se doit, l’anesthésiste m’explique qu’elle va m’endormir dix minutes afin de me faire des piqures d’insensibilisation autour de l’œil et que cela ne soit pas inconfortable, puis que je serai réveillé. Elle me demande si j’ai compris et je réponds oui. L’attente semble assez longue, et allongé sur ce lit-table je regarde le plafond et essaie d’écouter les conversations que je peux percevoir, il faut bien s’occuper car il n’y a franchement rien d’autre à faire !
J’aperçois à nouveau l’anesthésiste qui se penche vers moi : « Cela s’est très bien passé », dit-elle. « Quoi ? » réponds-je. « Eh bien, vous avez été endormi et les piqûres sont terminées ». Mon étonnement est complet… J’aurais donc dormi sans m’en rendre compte, je suis épaté par cette technologie et me dis qu’elle aurait au moins pu m’avertir, mais bon, elle l’a fait, à bien y réfléchir…. Je lui demande si cela a été comme elle voulait, et elle me répond que j’ai marmonné. « Marmonné ? » demandai-je. « Oui, mais ce n’est rien vous savez, il y a des gens qui téléphonent quand je les endors, ils passent des coups de fil comme s’ils étaient encore au bureau » me dit-elle en souriant ! Je ris aussi, et me dis qu’anesthésiste est un métier qui doit réserver de sacrées surprises…
Le docteur O. vient me saluer. Je le reconnais à ses lunettes car il avance masqué. Me demande si cela va et me dit « à tout à l’heure ». Environ 15 minutes s’écoulent avant que mon lit-table ne se mette en mouvement en direction de la salle d’opération. Je suis rapidement installé et aperçois la colonne avec les microscopes. Je suis installé à peu près en dessous. Je sens que l’on me place une sorte de linge troué, le champ opératoire, sur le visage.
Où suis-je ? Je suis toujours allongé sur ce lit-table, je ne vois rien mais sens que j’ai les yeux ouverts, je ne peux pas bouger la tête, j’ai le nez bouché, et j’entends des conversations. C’est mon chirurgien, il parle à ses collègues…. Je n’ai pas mal et à part mon nez bouché je suis confortablement installé…. Je me dis que je serais quand même mieux ailleurs, et que c’est dommage que j’aie repris conscience maintenant car l’opération n’est visiblement pas terminée…. Le docteur O. râle sur la qualité de son instrument et en réclame un autre. Il demande la marque et fait remarquer qu’il a déjà dit qu’il ne voulait travailler qu’avec une marque précise qu’il nomme. Il donne ses instructions, demande à son assistant de régler le laser sur 180. Puis plus tard lui demande de le régler sur 150 avec tel paramètre. Je me dis qu’il est entrain de « souder » les trous dans la rétine et que la procédure est donc en cours. J’éprouve une certaine admiration pour ce travail de haute précision et me dis que j’ai de la chance de bénéficier des progrès de la chirurgie, de vivre en 2013 plutôt qu’en 1422. Puis le docteur O. discute marque de montre avec son collègue, j’imagine qu’il n’est donc pas stressé et maitrise son affaire, je ne ressens aucune angoisse. Je bouge une jambe, et immédiatement le docteur O. me crie : « Faut pas bouger ! ». Je ne sais pas si j’ai bougé cette jambe parce que quelque chose me gêne ou parce qu’inconsciemment si je voulais m’assurer que je ne rêvais pas et étais bien conscient. Le temps semble interminable…. Ils sont gonflés ces médecins, je sens que l’on me pose un instrument sur le visage recouvert de tissus, puis qu’on le reprend, je me dis qu’ils exagèrent et que ceci n’est pas une table de travail. Soudain, je sens que tout se découvre, que l’on me retire toutes mes couvertures et que l’on me dit « C’est fini Monsieur ». L’intervention a duré au moins une heure, j’imagine que j’ai dû être conscient pendant une vingtaine de minutes, les moins agréables en fait car elles ont semblé interminables.
On apporte un brancard sur le côté de la table d’opération, et le chirurgien crie : « Sur le ventre jusque demain matin ». L’infirmière me demande donc de me pivoter sur le brancard en m’installant sur le ventre. Je réalise que je suis dans un état un peu endormi et deux infirmiers m’aident à bouger, un autre tient la perfusion installée sur mon bras gauche. Je comprends vite que je ne vois plus de mon œil droit, je n’arrive pas à savoir s’il y a un pansement dessus ou quoi que ce soit, j’ai toute la moitié droite de la tête complètement indolore et ne ressent plus aucune sensation sur cette zone. Mon brancard est installé dans la salle de réveil, et je n’arrive pas à garder le front collé au matelas… je sens que mon dos se cabre et que certaines vertèbres lombaires se rappellent à moi. Je regrette les apéritifs du soir qui m’ont fait prendre un petit ventre….car couché dessus je le sens bien celui-là. L’infirmière de service passe toutes les cinq minutes pour le prendre la tension et me demander si cela va. Oui, ça va ! et je me retiens à chaque fois pour lui demander quand je rentre à la chambre…. Une autre fois je lui fais remarquer que c’est très dur et assez douloureux de rester sur le ventre, et elle me répond qu’elle le sait… Enfin après une vingtaine de minutes et cinq prises de tension, le brancard se met en mouvement et je suis ramené à la chambre. Là aussi je dois me lever en gardant la tête baissée et m’installer sur le lit allongé sur le ventre. Je n’ai aucune douleur à l’œil, mais je commence à bien sentir mon dos…, cela m’énerve totalement et mes jambes sont en mouvement car je ne sais pas comment m’installer….
Après 30 minutes dans la chambre une aide-soignante me prend la tension, et m’apporte une collation. Il est 14h00 et je me dis que oui, boire et manger cette compote me ferait sans doute du bien….Je demande comment je dois faire pour manger, et elle m’explique que je peux m’assoir sur le lit et rester bien penché la tête en avant, tout en mangeant dans cette position…. Pas très confortable…. S’allonger à nouveau sur le ventre ne met pas longtemps avant de provoquer quelques remontées de nourriture, et ceux qui connaissent les remontées acides savent de quoi je parle. Il faut donc patienter ainsi…, et pour passer le temps ma femme qui m’entoure tente d’entretenir la conversation et de soulager mon dos avec quelques petits massages bien agréables. Une fois le repas du soir servi et dégusté dans les mêmes conditions, il s’agit de s’installer « pour la nuit », et j’ai l’idée d’utiliser mon œil valide pour saisir mon smartphone. Comme mon œil valide ne voit pas parfaitement sans lunettes, je chausse mes lunettes à cheval et de manière bancale sur un bout de nez et au-dessus du pansement dont l’œil opéré est recouvert…quel look ! Je peux alors régler mon smartphone sur les chaines de radio…. J’ai demandé à ma femme de ne pas rester près de moi pour la nuit car je souhaite qu’elle puisse dormir et ne pas être dérangée sans arrêt par les infirmières. Car l’infirmière qui s’occupe de moi est parfaite : prise de tension une fois par heure, renseignement sur la douleur, etc…. Vers 21 h, je lui demande comment font les gens pour rester sur le ventre, et elle me répond que 75% des malades n’y arrivent pas. Je l’interroge pour savoir si ceux-ci reviennent ensuite se faire ré-opérer à cause de cette imprudence qui a compromis la réussite du placage du gaz ophtalmique sur la rétine… Elle me répond que non…. Je décide donc aussitôt de me tourner et me mettre sur le côté, tête plus ou moins en bas mais nettement mieux positionnée…. Je sens rapidement plus de confort..
Vers 22 heures je décide d’éteindre les lampes et de tenter de dormir. Je ferme donc les yeux, dans l’obscurité. Et soudain…. Quel spectacle ! Je vois dans mes yeux un véritable feu d’artifice de pétards blancs qui filent dans toutes les directions, qui prennent naissance un peu partout dans mon champ de vision et éclatent en plein vol…. Je suis un peu angoissé face à cette « vision » et me demande si tout cela était prévu, et me raisonne en pensant que oui, c’est ainsi mais on aurait au moins pu me prévenir ! parfois un pétard de couleur passe, on a me sentiment que cela grésille dans l’œil, que la rétine renvoie les éclairs ou rayons laser qu’elle a reçu dans la journée, que les cellules recollées se manifestent…. Je reste calme et me dis que je dois absolument mémoriser cela pour le raconter et témoigner ensuite, car c’est une vision unique…. Conscient que mon œil n’est rempli que de gaz, j’imagine donc que celui-ci est en mouvement, que les molécules frappent les parois de l’œil, en l’occurrence rétine et capsule… mais ce ne sont que des hypothèses !
Vers minuit lors d’un nouveau passage, et après plus de 2 heures à essayer de trouver une bonne position afin de pouvoir dormir, je lui demande s’il est possible d’avoir un somnifère. « Vous n’y pensez pas, me répond-elle, il y a déjà de la morphine dans une perf et un somnifère dans l’autre ! ». Ah…. , bon eh bien cela n’a pas l’air très efficace, car je me sens terriblement énervé… Je dors donc par épisodes et suis très content quand 6 heures du matin s’affichent sur mon smartphone car je sens que cela va s’agiter un peu… J’écoute la radio, et vers 7h30 mon épouse me rejoint. A 8h00 le petit déjeuner est le bienvenu, suivi de la visite d’un anesthésiste qui veut savoir comment je gère la douleur. Je la gère bien puisqu’il n’y en a pas vraiment et c’est tout à fait normal car je suis encore sous l’effet des produits antalgiques de la veille. A 8h20 le chirurgien passe me voir. J’ôte mon pansement-coque sur l’œil opéré, pendant qu’il m’avertit que je ne vais rien voir et que c’est totalement normal. En effet, je n’aperçois qu’ombre et lumière… Il observe attentivement l’œil et me confirme que tout va bien, puis rédige une ordonnance avec quatre collyres différents à instiller plusieurs fois par jour, lavages d’œil réguliers avec compresses et eau distillée stérile, et du paracétamol pour gérer la douleur, en cas de besoin. Puis un arrêt de travail est rédigé et le repos m’est demandé. Je m’aperçois rapidement dans une glace… l’œil est gonflé, les paupières tuméfiées, le blanc de l’œil a disparu et est remplacé par du rouge sang…, bref on dirait que je sors d’une rixe ou d’un combat de boxe perdu.
Vers 10h il est temps de saluer tout le personnel soignant qui a été très gentil, et de rentrer à la maison…. Comme je veux ménager les personnes que je vais croiser, je mets mes lunettes de soleil, même si le temps est nuageux.
J’ai passé les trois premiers jours allongé sur mon lit ou sur le canapé, à dormir… La fatigue s’est fait très vite sentir, sans doute les effets de l’anesthésie, car j’ai l’impression que j’ai un poids de 10 kilos attaché à chaque jambe et que tous mes mouvements sont pénibles. Dès que je m’allonge j’ai sommeil et m’endors, ce qui est très surprenant car je n’ai pas l’habitude de vivre ainsi, moi qui suis une personne professionnellement active et toujours sur la brèche. Me voilà donc devenu un grand-père…. Ça met un coup au moral ! Cette très grosse fatigue a duré une semaine, période après laquelle je passe de deux à une sieste par jour….
Pendant ce temps, l’œil rejette pas mal de saletés et deux lavages par jour sont nécessaires pour enlever tout ce qui se colle sur les cils, le long des paupières, etc…. les collyres ont sans doute également un rôle. La vue de l’œil opéré est toujours « ombres et lumière », mais j’ai été prévenu…
Les spectacles nocturnes se poursuivent mais ont un peu évolué : c’est dorénavant à des feux-follets, des aurores boréales auxquels j’assiste tous les soirs en m’endormant. Les couleurs changent, blanc, jaune, orange, lueurs bleutées, scintillements argentés, suivis de pluies d’étoiles et de petits points éphémères brillants. Waouh… quel feu d’artifice !
Après 4 jours j’ai rendez-vous chez le chirurgien pour une visite de contrôle. Il me confirme que tout va bien, j’ai mon œil rempli d’une énorme bulle de gaz (C²F6, hexafluorure de carbone), ce gaz va être absorbé par les milliers de mini-vaisseaux sanguins qui irriguent l’œil et se dissoudre dans le corps, et « la nature ayant horreur du vide », précise-t-il, va être remplacé progressivement par une humeur aqueuse que l’œil va fabriquer. Je repars confiant et ai une vive admiration pour les techniques chirurgicales et médicales modernes….
C’est deux jours après, soit une semaine après l’opération, que, allongé sur le dos, j’aperçois une petite flaque dans mon œil. Ceci m’angoisse un peu, car je l’aperçois aussi dans mon œil gauche (le valide) ! Je commence à m’imaginer que c’est le cerveau qui imprime cela et que c’est lui qui me renvoie cette vision… Lorsque j’ai pris congé du chirurgien, celui m’a dit que je ne devais pas hésiter à le contacter en cas de problème… Je décide de lui écrire un mail, ce qui en soi est une épreuve lorsque l’on ne voit qu’avec un œil. Il me répond trois heures plus tard pour me rassurer : c’est le contour de la bulle de gaz que je vois, et tout est normal…
En effet, cette bulle grossit un peu chaque jour…mais l’œil est comme un appareil photo : ce que je vois en haut se passe en bas dans l’œil. C’est une notion très difficile à accepter mais il ne faut pas l’oublier.
Je note avec intérêt que, tête baissée en avant, j’ai une bonne vision de mon œil opéré,… à 4 cm ! et comme si je regardais à travers un verre d’eau sale, en mouvement.
Deux semaines se sont écoulées et je suis allongé, tête et dos relevés, tranquillement sur le canapé, regardant la télévision. En effet, la lecture d’un livre ou d’un magazine m’est très pénible après quelques minutes, même chose pour l’écran de mon pc ou de mon smartphone. Je n’ai jamais autant regardé la télévision dans la journée…. Heureusement je reçois les chaines satellite et il y a finalement toujours un ou deux programmes intéressants, le genre de trucs culturels qui ne passent jamais aux heures de grande écoute et qui sont pourtant très bien faits. Soudain, j’aperçois quelque chose tout en haut de mon œil opéré… comme une très petite zone où je vois les couleurs…. Je bouge mon œil et me mets dans une nouvelle position, et là je réalise que la vue est revenue sur les 5% supérieurs de mon champ de vision. J’ai envie de crier ma joie et mon soulagement et ressens une vraie émotion. Chapeau la médecine, on ne le redira jamais assez.
Cette vision commence donc à revenir progressivement et chaque jour ressemble à une petite victoire de mon corps… La vue revient par le haut de l’œil, un peu comme un aquarium qui se viderait…, ce qui signifie donc que c’est par le bas que l’humeur aqueuse de fabrique et que le gaz est bien en haut de mon œil, et que je le vois en bas… tout le monde suit ?
Trois semaines après l’opération, j’ai récupéré environ 45% de ma vision par le haut, ce qui signifie que debout je vois les personnes jusqu’à la taille environ, c’est pratique elles peuvent ne pas avoir de pantalon je ne m’en rendrais pas compte…. si mon autre œil n’était pas ouvert évidemment ! Après 4 semaines exactement, j’ai récupéré 60% de ma vision, et ai l’impression que les choses ne progressent pas vite. Ce qui est normal puisque l’œil étant une sphère, la zone du milieu présente une surface plus grande et donc le niveau baisse plus lentement malgré une vitesse de résorption du gaz qui elle n’a pas varié. Marcher dans la rue, monter les escaliers, etc…. me donnent l’impression d’avoir un verre d’eau dans l’œil puisque le niveau bouge avec mes mouvements, le liquide venant s’échouer sur les contours internes de l’organe… Quelle sensation unique quand même….
Les nuits sont toujours aussi spectaculaires, mais le spectacle a changé. Au fur et à mesure que les jours passent, le niveau d’humeur aqueuse monte et ma vue se découvre petit à petit par le haut…., la bulle de gaz restant en hauteur, comme tout gaz finalement. La nuit, lorsque la tête est inclinée, le gaz s’incline également pour rester toujours vers le haut….Alors l’impression de voir une mer éclairée apparait…, une lumière jaune pâle brille sur l’horizon de cette mini-mer interne à mon œil, et la ligne d’horizon devient phosphorescente, ou fluorescente sans doute compte tenu de la nature du gaz…. On a alors l’impression, yeux fermés, que la lumière est restée allumée et qu’un phare au loin sur la mer balaie l’horizon…. Etrange sensation, troublante lumière qui m’empêche plusieurs soirs de m’endormir rapidement…. Et avec les jours qui s’écoulent, le niveau de ce liquide baisse, jusqu’à disparaître presque en entier derrière l’horizon.
Quatre semaines après l’opération, je suis heureux de constater que j’ai récupéré 90% de mon champ visuel, que seul un peu de liquide demeure en bas de ma vision. Ce niveau liquide devient vite une grosse bulle… qui met plus d’une semaine et demie à disparaitre entièrement ! Et voilà, après cinq semaines et demie, tout le gaz s’est résorbé et mon champ visuel est parfait, avec 9/10è d’acuité pour l'instant.
Que rajouter sinon mon admiration renouvelée pour cette technique de chirurgie ? Je dois maintenant éviter toute rechute, ainsi que le décollement sur l’autre œil. Les probabilités sont de 20 et 15% respectivement, je fais donc attention au stress…., à l’énervement, aux cris…. Et je tente prendre de la distance par rapport aux choses…. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant !
J’espère que ce témoignage vous prouvera qu’il y a en France des chirurgiens performants et des opérations réussies. Et que lire mon récit vous ôtera les angoisses légitimes, si vous devez vous faire opérer, que connait chaque patient face à l’inconnu. Restez confiant, choisissez le bon chirurgien expérimenté, consultez plusieurs fois s’il le faut, et prenez patience, reposez vous bien et tout fonctionnera parfaitement !
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zanto



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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Ven 28 Juin - 9:18

Merci pour ton récit TRES détaillé. Wink Si j'ai bien compris tu as subi une vitrectomie pour décollement de la rétine ?
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didier14



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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Ven 28 Juin - 10:11

Oui, tout à fait, cela faisait partie du traitement et cela a l'avantage de m'avoir débarassé de mes corps flottants puisque je n'ai plus de vitré non plus désormais.
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zanto



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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Ven 28 Juin - 10:21

Cela remonte à combien de temps maintenant ? As-tu récupéré ton acuité visuelle pré-opératoire et as-tu eu les complications liées à cette intervention ?
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Invité
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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Mar 9 Juil - 9:03

hello!

tu dis  => je n'ai plus de vitré non plus désormais . ok, mais ça peut être problématique de ne plus en avoir ?


cordialement


Dernière édition par gibson77 le Sam 24 Aoû - 11:21, édité 1 fois
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didier14



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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Mer 17 Juil - 8:06

J'ai mis des détails car mine de rien c'est une épreuve... mais surtout psychologique.

Mon chirurgien m'a affirmé que ce n'est pas un souci de ne plus avoir de vitré (aumoins il ne se décollera plus Smile ). Et un nouveau vitré aqueux est fabriqué par l'oeil lui-même ensuite.

Le 14 Avril, c'est avant de prendre la route vers le Sud que je suis allé consulter, non pas à Paris mais à Caen... (Clinique puis CHU...) tu sais, là où ils n'ont rien vu et m'ont laissé repartir....Donc rien de bizarre, juste de l'incompétence.

Bien cordialement
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laurent01



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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Ven 30 Mai - 12:03

Bonjour

didier14
J'ai lu avec beaucoup d'interêt ton récit sur la vitrectomie subie. Franchement cela m:'a rendu un peu d'espoir. Après 3 séances de laser à la suite de déchirures de la rétine et hémorragie dans le vitré ,un décollement de la retine est finalement survenu. J'ai donc subi une vitrectomie en urgence il y a 13 jours. Au bout d'une semaine le chirurgien qui m'a opéré m'a dit qu'il ne pouvait se prononcer car je développais une cataracte importante. Ma question est la suivante. Des que la vision vous est revenue, voyiez- vous distinctement. Moi au bout des 13 jours, il reste une bulle dans 1/3 de mon oeil et en dehors de cette bulle j'apercois derrière un voile sombre les objets.,couleur s etc....Ce n'est pas très net mais je peux distinguer de quoi il s'agit. Aviez-vous le même résultat,  ou alors le peu que vous voyiez, vous le voyiez clairement.
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Obelix



Messages : 2
Date d'inscription : 15/02/2016

MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Lun 15 Fév - 15:12

Bonjour,
j'ai connu à peu près la même expérience que Didier14, y compris de me faire rejeter d'un cabinet d'ophtalmologie où j'avais clairement expliqué mes symptômes et mes craintes de décollement de rétine.
J'ai préféré sauter dans un train puis un métro (j'habite en banlieue parisienne) et me présenter aux urgences des XV-XX, où l'on m'a gardé pour la nuit et opéré le lendemain matin, en me félicitant de ne pas avoir perdu de temps.
Un courrier à l'ophtalmo en question étant resté sans réponse, je le fais suivre auprès de l'ordre des médecins. On "verra" bien ce qu'ils pensent du sens de l'éthique de leur consœur.

Mais pour en revenir à la vitrectomie, je confirme en tous points l'excellent récit de Didier, à ceci près que j'en suis à J+12 et que la bulle de gaz est presque complètement résorbée, elle n'encombre  plus que moins d'1/4 du champ visuel, et je vois bien à travers le nouveau liquide (je dirais 8 ou 9/10).
Je n'en tire aucune conclusion particulière, si ce n'est que le gaz peut se dissoudre assez vite, et surtout que les heures comptent en cas de décollement de rétine. J'ai eu les premiers symptômes le mardi midi et j'ai été opéré le mercredi de bonne heure.

Chers futurs vitrectomisés, qu'espoir et célérité soit votre devise !


Dernière édition par Obelix le Lun 15 Fév - 17:38, édité 1 fois
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cris74



Messages : 8
Date d'inscription : 03/02/2016

MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Lun 15 Fév - 15:35

Bonjour,
merci pour ce témoignage qui va m'aider à franchir le pas pour ces très anciens cf (20 ans) que je ne supporte plus désormais et qui gâchent ma vie malgré toutes les précautions prises. Le chirurgien rencontré m'inspire d'ailleurs confiance. Il m'a expliqué, après m'avoir bien-sûr présenté tous les risques à assumer, que sa technique visait à enlever le maximum de vitré et donc de cf.
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MessageSujet: Re: Vitrectomie - récit détaillé ! n'ayez pas peur !    Aujourd'hui à 8:46

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